Faut-il prévenir le personnel de bord que vous avez peur de l'avion ?

Faut-il prévenir le personnel de bord que vous avez peur de l'avion ?

Faut-il prévenir le personnel de bord que vous avez peur de l'avion ?

Oui, prévenez-les. Dire « j'ai peur de l'avion » à une hôtesse ou à un steward est banal, cela prend dix secondes à la porte, et l'équipage pourra passer vous voir aux bons moments. Il ne peut pas le deviner : un passager anxieux qui reste silencieux ressemble à n'importe quel autre passager. Ce qu'il peut faire est limité, mais réel. Voici quoi dire, quand le dire, et ce qu'il ne faut pas attendre.

Faut-il prévenir les hôtesses et les stewards que l'on a peur de l'avion ?

Oui. Le personnel de cabine ne voit pas la peur, et un passager qui serre l'accoudoir en silence ressemble, depuis l'allée, à un passager qui va bien.

Leur premier métier, c'est la sécurité. S'occuper de passagers en difficulté fait aussi partie du travail à chaque vol, et le passager nerveux est une situation qu'ils rencontrent régulièrement. Les prévenir n'est ni un aveu ni une plainte. C'est une information, au même titre qu'une allergie.

Vous êtes d'ailleurs loin d'être seul. D'après l'Inserm, qui s'appuie sur les chiffres de la HAS, 4,7 % des adultes de 18 à 65 ans ont une phobie spécifique sur une année, et 11,6 % au cours de leur vie. Votre peur est fréquente et documentée.

Que peut faire concrètement l'équipage quand il sait ?

Il peut passer vous voir, vous expliquer ce qui se passe et vous donner quelqu'un vers qui vous tourner. C'est la liste réaliste, et elle est plus utile qu'il n'y paraît.

Selon la compagnie et le vol, cela peut être un court passage après le décollage, une explication quand vous entendez un bruit qui vous inquiète, un verre d'eau, et un signe convenu si vous commencez à avoir du mal. Quand la cabine a des sièges libres, certains équipages vous déplacent aussi vers une place où vous vous sentez mieux. Savoir que quelqu'un veille sur vous allège une partie de la charge : vous n'avez plus à gérer tout le vol seul.

Les explications comptent plus qu'on ne le croit. La plupart des bruits qui alarment les passagers anxieux (le choc après le décollage, le changement de régime des moteurs, le sifflement avant l'atterrissage) sont normaux. Nous les passons en revue dans tous les bruits de l'avion expliqués par un pilote.

Quand et comment le dire ?

Dites-le à la porte au moment d'embarquer, ou à votre place avant le décollage, en une seule phrase. Une fois les portes fermées, l'équipage est pris par la démonstration de sécurité et les vérifications, et la fenêtre pour une conversation calme se réduit.

Une phrase qui fonctionne : « Bonjour, j'ai peur en avion. Pourriez-vous passer me voir quand nous serons en l'air ? » Inutile de vous justifier ni de raconter votre histoire. Si le dire à voix haute est trop difficile, tapez-le sur votre téléphone et montrez l'écran. L'équipage comprendra aussi bien.

Si vous vous décidez seulement après le décollage, c'est encore possible. Demandez à la première hôtesse ou au premier steward qui passe, ou utilisez le bouton d'appel si vous avez besoin de quelqu'un. Gardez le bouton d'appel pour les moments où vous en avez vraiment besoin, sans attendre que la panique soit à son maximum.

Que peut-on demander, et que ne faut-il pas attendre ?

Demandez un passage, des explications et un peu de patience. N'attendez pas un accompagnant pour tout le vol.

Demandes raisonnables : une visite rapide après le décollage, un avertissement si le commandant a prévenu la cabine d'une zone agitée, de l'eau, et une courte explication de ce que vous entendez. Vous pouvez aussi choisir votre place à la réservation. Un siège au niveau de l'aile, près du centre de gravité de l'appareil, bouge moins qu'un siège à l'arrière.

Ce que l'équipage ne fera pas : rester assis près de vous pendant des heures, vous donner un médicament, ou s'affranchir d'une procédure. Quand le signal de ceinture est allumé, il s'assoit lui aussi et attache sa ceinture pendant les turbulences. C'est la procédure normale, pas un signe que quelque chose ne va pas. Beaucoup de passagers y voient une alerte, c'est l'inverse.

Sur les médicaments, soyez prudent. La HAS recommande de limiter la prescription de benzodiazépines à 12 semaines et d'essayer d'abord les approches non médicamenteuses. Un comprimé pris à la dernière minute n'est pas un plan. Nous l'expliquons dans médicaments et peur de l'avion : les pièges à éviter.

Faut-il aussi prévenir les pilotes ?

Pas nécessairement. La porte du poste de pilotage reste fermée en vol, et c'est l'équipage de cabine qui gère la cabine. Si vous prévenez le chef de cabine, l'information peut remonter au commandant quand elle est utile, selon la compagnie.

Un commandant qui sait qu'un passager anxieux est à bord peut ajouter une phrase à son annonce sur ce qui va se passer, par exemple quand le vol sera agité ou quand le bruit des moteurs va changer. Cette phrase vaut souvent plus que dix minutes de réassurance après coup.

Et si j'ai honte ou peur d'être jugé ?

Vous n'êtes pas le premier passager anxieux que cet équipage rencontre ce mois-ci, et la réaction est le plus souvent pratique, pas moqueuse. La peur de l'avion est fréquente et documentée. Ce n'est pas un défaut de caractère.

Gardez un ton neutre et factuel. « J'ai peur en avion, pourriez-vous passer me voir ? » est une demande, pas un aveu. Si vous n'y arrivez toujours pas, la note sur le téléphone fait très bien l'affaire.

Prévenir l'équipage suffit-il pour traverser le vol ?

Cela aide, et cela ne soigne pas la peur. L'équipage vous soutient pendant le vol. Il ne peut pas changer ce qui se passe dans votre corps avant et pendant.

Ce qui le change, c'est une prise en charge. L'Inserm cite la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), avec des expositions progressives dans un cadre sécurisé, comme traitement de référence des phobies. D'après l'Organisation mondiale de la santé, la thérapie d'exposition est l'approche la mieux étayée scientifiquement, et seules 27,6 % des personnes qui ont besoin d'un traitement contre l'anxiété en reçoivent un.

Si votre peur vous empêche de voler, ou gâche les jours qui précèdent, commencez par notre guide pour surmonter la peur de l'avion. Et si la panique monte déjà en plein vol, lisez comment gérer une crise de panique en plein vol.

Questions fréquentes

Les hôtesses vont-elles penser que j'en fais trop ?

Non. Les équipages rencontrent régulièrement des passagers nerveux, et une demande calme en une phrase passe pour responsable, pas pour excessive. Ceux qui inquiètent un équipage sont les passagers qui ne disent rien et paniquent en silence.

Une hôtesse peut-elle me donner un médicament ou rester avec moi ?

Non. Leur travail, c'est la sécurité et le service de toute la cabine : elles ne peuvent pas rester auprès d'une seule personne pendant le vol ni vous donner un médicament. Elles peuvent passer vous voir, vous expliquer ce qui se passe et venir quand vous appelez.

Et si je comprends seulement après le décollage que j'ai besoin d'aide ?

Demandez à la première hôtesse ou au premier steward qui passe, ou utilisez le bouton d'appel si vous avez besoin de quelqu'un. Il n'est jamais trop tard pour le dire. Plus vous le dites tôt, plus il est facile de vous aider.

Le pilote sera-t-il informé de ma peur ?

Peut-être, si c'est utile. Prévenez le chef de cabine : selon la compagnie, l'information peut remonter au commandant. Vous n'avez pas à aller au poste de pilotage, dont la porte reste fermée en vol.

Dois-je prévenir l'équipage si je suis seulement un peu tendu ?

Non, c'est facultatif. Si un peu de tension reste gérable avec la respiration et la distraction, vous pouvez vous en passer. Dites-le quand vous pensez qu'avoir quelqu'un au courant vous aiderait.

Et si la peur dépasse un seul vol ?

Prévenir l'équipage vous aide à passer un vol. Cela ne change pas ce qui vous fait peur. Si vous voulez comprendre ce qui alimente votre peur, vous pouvez commencer par notre questionnaire gratuit d'évaluation de la peur de l'avion : quelques minutes, et une lecture claire.

Pour aller plus loin, notre formation en ligne contre la peur de l'avion a été conçue par des pilotes de ligne et des psychologues. Nous n'avons pas de baguette magique et nous ne promettons aucun résultat. Nous vous donnons des outils, des faits et une méthode.

Aucune pression, aucune échéance. La porte est ouverte quand vous déciderez que c'est le moment.