L'atterrissage est-il vraiment la phase la plus dangereuse du vol ?

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L'atterrissage est-il vraiment la phase la plus dangereuse du vol ?

Statistiquement, l'approche et l'atterrissage concentrent environ la moitié des accidents alors qu'ils ne représentent qu'un faible pourcentage de la durée du vol : donc oui, rapportée à la minute, c'est la phase la plus à risque. Mais ce chiffre cache l'essentiel : la plupart de ces événements sont mineurs, les issues mortelles sont rares, et l'atterrissage est le moment le plus entraîné et le plus encadré de tout le vol. Voici l'image honnête, vue du poste de pilotage.

Si vous avez déjà agrippé l'accoudoir quand le sol se rapproche, vous avez sûrement entendu dire que l'atterrissage est la phase la plus dangereuse du vol. On le répète partout, et pour une fois la statistique qui fait peur n'est pas un mythe. C'est globalement vrai. Ce que presque personne n'explique, c'est ce que ce chiffre veut réellement dire, et pourquoi un pilote peut le connaître par cœur tout en trouvant l'atterrissage parfaitement routinier.

Faisons donc les choses honnêtement : regardons les vrais chiffres, expliquons pourquoi l'approche et l'atterrissage concentrent le risque, puis montrons pourquoi la conclusion pour vous, passager, reste largement rassurante.

Ce que disent vraiment les statistiques

Le chiffre-titre est réel. Les données du secteur montrent qu'environ la moitié des accidents surviennent en approche finale et à l'atterrissage, alors que ces phases ne représentent qu'une petite part de la durée totale du vol. Sur les 1 468 accidents recensés par l'Association internationale du transport aérien en 2024, environ 770 se sont produits à l'atterrissage, contre environ 124 au décollage. À l'inverse, la croisière représente la majorité du temps de vol et ne compte qu'une faible fraction des accidents. Comme le rapportait La Libre en 2025, la période la plus critique n'est pas la croisière en altitude, ce sont les premières et les dernières minutes.

Rapporté à la minute d'exposition, l'atterrissage est donc bien là où le risque se concentre. Ce n'est pas un discours arrangé, et prétendre le contraire insulterait votre intelligence. L'important, c'est le second chiffre, celui qu'on cite rarement à côté du premier.

Pourquoi le chiffre qui fait peur n'est pas toute l'histoire

Voici ce qui change tout : la fréquence des accidents n'est pas la même chose que le taux de mortalité. L'atterrissage compte la plus grande part des accidents, mais la proportion de ceux aux conséquences mortelles est comparativement faible. La raison est physique. À l'atterrissage, l'avion est lent, bas et dissipe son énergie de façon contrôlée : quand quelque chose se passe mal, une sortie de piste ou un toucher un peu dur est bien plus probable qu'une catastrophe. Le décollage et la montée initiale, à l'inverse, produisent moins d'accidents mais une part plus élevée des accidents graves, parce que l'avion est lourd, rapide et dispose de peu d'options.

Autrement dit, l'atterrissage arrive en tête du nombre d'accidents précisément parce que c'est la phase où se regroupent les événements mineurs et survivables. Comme l'explique le quotidien La DH, cette phase reste critique pour le pilote, mais le titre alarmant et la source du réconfort vivent dans les mêmes données.

Pourquoi l'atterrissage est plus exposé que la croisière

Les raisons pour lesquelles l'atterrissage exige tant ne sont pas mystérieuses. L'avion est proche du sol : il reste peu de marge et peu de temps pour corriger quoi que ce soit. Les pilotes gèrent simultanément la vitesse, l'altitude, le taux de descente, l'alignement avec la piste et le vent, dans les dernières minutes. Ajoutez des variables que l'équipage ne contrôle pas, vents de travers, pluie, visibilité réduite, état de la piste, et vous obtenez les quelques minutes les plus chargées et les plus exigeantes du trajet.

C'est aussi pour cela que l'avion est délibérément orienté face au vent pour atterrir, un détail qui relève de l'ingénierie de sécurité plutôt que de la tradition. Nous expliquons l'aérodynamique dans pourquoi les avions décollent et atterrissent face au vent. Rien de tout cela ne rend l'atterrissage dangereux. Cela le rend exigeant, ce qui est exactement pourquoi c'est la phase que les pilotes préparent le plus.

Ce que font les pilotes pour rendre l'atterrissage routinier

Une phase exigeante gérée par des professionnels aguerris est une chose très différente d'une phase dangereuse. L'atterrissage est la manœuvre la plus répétée de la carrière d'un pilote, rejouée des milliers de fois en simulateur, y compris tous les scénarios de panne. Pendant l'approche, l'équipage applique des procédures strictes et standardisées, avec des rôles clairement répartis, et sous une altitude donnée il entre dans la règle du poste stérile : toute conversation non essentielle s'arrête pour que la concentration soit entièrement sur l'atterrissage.

Si une approche ne se présente pas bien, la réponse standard n'est pas de forcer. C'est la remise des gaz : pleine puissance, on remonte, et on se replace pour recommencer. Une remise des gaz peut sembler impressionnante depuis votre siège, mais c'est une décision de sécurité entraînée et routinière, pas une urgence. Elle existe précisément pour qu'une approche imparfaite ne devienne jamais un problème.

Remettre le risque réel en perspective

Prenez du recul, et ce sont les chiffres absolus qui comptent pour vous. Concentrer le risque sur la phase d'atterrissage ne rend pas l'avion risqué, car le risque total de l'aviation commerciale est déjà extraordinairement faible au départ. L'avion reste, et de loin, le moyen de transport le plus sûr, et il le devient davantage décennie après décennie. Une phase qui est la plus à risque d'une activité extrêmement sûre reste, en valeur absolue, extrêmement sûre.

Si c'est la comparaison brute de sécurité qui vous rassure le plus, nous la détaillons dans pourquoi l'avion est le moyen de transport le plus sûr. Et si une part de votre peur vient simplement du fait de ne pas savoir comment une machine aussi lourde tient en l'air et redescend sous contrôle, comment un avion vole-t-il pose les bases en langage clair.

Pour un tour plus large des risques en avion et des probabilités réelles, ce dossier de Globe-Trotting sur la peur de l'avion remet les chiffres en perspective de façon accessible.

Foire aux questions

L'atterrissage est-il statistiquement la phase la plus dangereuse ?

L'approche et l'atterrissage concentrent environ la moitié des accidents alors qu'ils ne représentent qu'une faible part de la durée du vol : rapporté à la minute, c'est donc la phase la plus à risque. Mais la plupart de ces accidents sont mineurs, et la part de ceux aux conséquences mortelles est comparativement faible.

Est-ce le décollage ou l'atterrissage le plus dangereux ?

L'atterrissage produit davantage d'accidents au total, mais le décollage et la montée initiale comptent une part plus élevée des accidents graves, car l'avion est lourd, rapide et dispose de peu d'options près du sol. Les deux sont exigeants et très entraînés.

Si l'atterrissage est la phase la plus risquée, l'avion est-il quand même sûr ?

Oui. L'atterrissage est la phase la plus risquée d'une activité qui est déjà le moyen de transport le plus sûr : en valeur absolue, le risque reste donc extrêmement faible. Être la phase la plus à risque d'un processus extrêmement sûr n'est pas la même chose qu'être dangereux.

Qu'est-ce qu'une remise des gaz et dois-je m'en inquiéter ?

Une remise des gaz, c'est quand l'équipage remonte au lieu de poser et se replace pour atterrir de nouveau. Cela peut sembler brusque, mais c'est une décision de sécurité entraînée et routinière, pas une urgence. Elle existe pour qu'une approche imparfaite ne se transforme jamais en problème.

Pourquoi l'atterrissage fait-il plus peur que le reste du vol ?

Vous êtes proche du sol, l'avion manœuvre, et beaucoup de bruits et de sensations se concentrent en quelques minutes : volets, train, changements de vitesse. Votre corps lit tout cela comme une menace, même si chaque élément est normal et prévu.

À retenir

L'atterrissage mérite sa réputation de phase la plus chargée en risque, et vous méritez la version honnête plutôt qu'un mythe rassurant. Mais les mêmes données qui font le titre apportent aussi le réconfort : les accidents qui s'y regroupent sont surtout mineurs, c'est la phase la plus entraînée et la plus encadrée de tout le vol, et le tout s'inscrit dans le moyen de transport le plus sûr qui soit. L'atterrissage n'est pas le moment à craindre. C'est celui que vos pilotes ont préparé plus que tout autre.

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Si l'approche déclenche encore une vraie angoisse, comprendre les chiffres n'est qu'un début. Une bonne étape suivante est de voir où en est votre peur. Notre questionnaire d'évaluation de la peur de l'avion prend moins de trois minutes et vous donne une lecture claire de votre profil, sans aucune pression.

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